Sur le territoire, plusieurs cabinets d'expertise comptable accompagnent les porteurs de projet sur ces sujets, sans que ce soit une obligation : chaque entrepreneur reste libre de choisir son propre expert-comptable. Nous avons posé la question à Omar Sobhi · Directeur, Expert-comptable et Responsable du pôle Expertise au sein du cabinet Mosselmans & Associés, partenaire d'Initiative Marseille Métropole.
À quoi sert vraiment un expert-comptable, au-delà de la déclaration d'impôts et du bilan de fin d'année ?
Au-delà de la déclaration d’impôts et du bilan de fin d’année, un expert-comptable aide à choisir la bonne forme juridique et le bon régime social, à bâtir un prévisionnel réaliste, à piloter votre trésorerie, à savoir si vous pouvez embaucher, investir ou vous rémunérer davantage. C'est un copilote qui traduit les chiffres en décisions.
Pour un créateur, c'est aussi un interlocuteur de confiance à qui poser toutes les questions qu'on n'ose pas poser ailleurs.
À partir de quel moment un porteur de projet devrait-il penser à consulter un expert-comptable ?
Le plus tôt possible, et idéalement avant même de créer. Beaucoup viennent nous voir après la première échéance fiscale, quand un problème est déjà là. C'est dommage, car les décisions les plus lourdes se prennent au tout début : le choix du statut, le régime de TVA, la façon de se rémunérer, le montage du plan de financement.
Une fois ces choix figés, ils sont plus difficiles à corriger. Le bon moment, c'est au stade de l'idée et du business plan, avant de signer un bail, de boucler un financement ou de démarrer l'activité.
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes que vous voyez chez les jeunes entrepreneurs sur la partie financière ?
Quelques-unes reviennent presque à chaque fois. La première : confondre chiffre d'affaires et trésorerie - faire du chiffre ne veut pas dire avoir de l'argent sur le compte. La deuxième : sous-estimer le besoin en fonds de roulement et la trésorerie de démarrage, et donc manquer de cash au pire moment. La troisième, très classique : oublier de provisionner l'URSSAF, la TVA et les impôts, puis être surpris par des sommes qu'on croyait être à soi. On voit aussi beaucoup de prévisionnels trop optimistes, des tarifs fixés trop bas parce qu'on oublie de compter son propre temps, et l'absence de séparation entre les comptes personnels et professionnels.
Aucune de ces erreurs n'est grave si elle est anticipée. Le problème, c'est quand on les découvre trop tard.
Un porteur de projet a souvent plusieurs cabinets à sa disposition sur le territoire. Comment faire le bon choix ?
Chaque situation est différente. Le plus gros cabinet, ou le moins cher, n'est pas forcément le bon pour vous.
Ce qui compte vraiment, c'est d'abord la relation humaine et la confiance : vous allez tout partager avec cette personne, il faut que le courant passe. Ensuite la disponibilité et la réactivité - quelqu'un qui répond quand vous avez une question, pas seulement au moment du bilan. La connaissance de votre univers (une TPE, votre secteur) compte aussi, tout comme la clarté des honoraires : un forfait lisible, sans mauvaise surprise. Et enfin la proactivité, un cabinet qui anticipe et vous alerte plutôt qu'un simple enregistreur de factures.
Ces repères s'appliquent quel que soit le cabinet choisi. L'essentiel est de trouver un interlocuteur avec qui la confiance s'installe, et de ne pas attendre la première échéance fiscale pour se poser ces questions.
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